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Friday, November 18, 2005

Les Marchands de La Prostitution

Pour beaucoup de gens, à la fois citoyens et visiteurs, le taux de prostitution au Maroc a grimpé de façon inquiétante ces dernières années. Certains s’inquiètent que le degré d’affairisme et le réseau de support de ce commerce de la chair a bénéficié d’une certaine dilatation dernièrement. D’autres raisonnent que la visibilité ‘osée’ ou, même, ‘insolente’ de la prostitution dans les lieux publiques et sa permissivité dans la conscience collective de la société marocaine est devenu un phénomène rudement imposant.

Certains, frustrés par ce phénomène, lancent que la croissance du taux de prostitution témoigne d’un fatalisme collectif au sein de la société marocaine servi par la légitimité d’un raisonnement socioéconomique que nul ne peut disputer. Néanmoins, la condition économique et le niveau d’éducation, certes importants intervenants dans la propagation de la prostitution au Maroc, n’expliquent pas tout de même toute la mosaïque qui fait de la prostitution un des sujets les plus complexe à traiter.

Avant de lancer ce débat, je précise que mon intention est de traiter le sujet de façon académique . Ainsi, j'essayerais d’éviter le plus possible de passer des jugements moraux ou des arguments fondés sur des interprétations traditionnelles ou religieuses. Les filles qui s’engagent dans la prostitution sont a mon avis des citoyennes qui méritent une considération respectueuse ainsi que d’être traitées avec dignité. Certaines sont exploitées par des conditions économiques désespérées et même forcées par des membres de leurs familles de se prostituer. D’autres, originaires du monde rural, commencent une vie rude comme des petites bonnes dans les grandes villes ou elles sont abusées ou même violées. Elles sont par la suite rejetées par la société ainsi que par leurs familles – ce qui les force dans le monde de la prostitution. Mais il y a bien aussi une catégorie qui choisi la prostitution comme profession légitime – même si la grande partie de la société rejette leur raisonnement.

Au Maroc le réseau de support des prostituées varie en fonction du degré d’amateurisme ou professionnalisme exercé, ainsi qu’en fonction des spécificités du marché (Le touriste originaire du Golf par exemple a des exigences particulières qui différent des spécificités du touriste européen ou du client marocain). Le réseau de support peut atteindre une sophistication étonnante chez la prostituée de haute gamme puisqu’il y a bien une hiérarchie d’offre et de demande dans ce marche. Ceci dit, en général, les prostituées au Maroc, comme celles dans d’autres pays inclus aux Etats-Unis, exige un marche physique ou exercer. Quand la culture et la loi d’un pays ne leur permettent pas un espace légitime et formel comme les Red Light Districts, la prostitution se déchaîne partout ou la demande peut accéder à l’offre. Notez quand même que si le Maroc ne dispose pas de Red Light District comme est le cas dans plusieurs pays en Europe et en Asie, il dispose bien d’un certain nombre de centres de prostitutions connus dans quelques banlieues et milieux ruraux.

Concernant les milieux urbains, pour une grande partie des prostituées, les restaurant/bars, les cafés/cabarets, et les boites de nuit constituent les grands contours du marché physique ou elles exercent (la majorité de ce marché se situe dans les hôtels). Bien que la prostitution se négocie dans d’autres espaces inclus dans la rue tout court, en général c’est les espaces de divertissement nocturnes qu’une grande partie des prostituées dans les villes marocaines (surtout les villes touristiques) considèrent comme leur « lieu de travail ». Pour accéder à ce « lieu de travail » ou en d’autres termes, au marché, Il y a bien un système dont les règles sont à respecter - Et c’est la ou le réseau de support et les moyens d’accès deviennent extrêmement importants.

Le degré d’affairisme dans ce commerce n’est pas aussi différent des autres secteurs de l’économie formelle. En effet, le commerce de la prostitution fonctionne d’une façon assez conforme avec les lois naturelles des marchés libres - souvent sans les distorsions que peuvent provoquer les interventions de la réglementation et de la taxation : La compétition y est nombreuse – plusieurs acheteurs/vendeurs - et l’accès au marché n’est pas prohibitif. Tant qu’il y a une demande, exprimée ou masquée, et la promesse du profit, les fournisseurs des services demandés trouvent leur chemin vers le marché parfois en dépit de risques assez importants. Ceci dit, l’offre a tendance de s’épanouir quand la structure/réseau de support et de production est élargie dans un marche ou la demande est affamée.

En plus, la nouvelle technologie a introduit une certaine sophistication dans ce marché - ceci de la même façon que dans d’autres secteurs de l’économie formelle en révolutionnant les modes de communication, marketing, distribution et logistique– L’Internet et les téléphones mobiles sont devenu indispensable pour la prostituée marocaine. Sans le portable en particulier, la prostituée souffre d’un handicape significatif côté marketing et logistique – C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle en prend bien soin.

Quand on parle de la structure ou le réseau de support de la prostitution au Maroc, de quoi s’agit-il exactement?

Sans compter certain intervenants influents dans le cercle familial et relationnel de la prostituée, les acteurs les plus visibles dans le réseau de support de la prostitution au Maroc sont : Les chauffeurs de taxi ; les videurs et les gérants des bars et des boites de nuit ; les agents de réception et les gardes des hôtels ; ainsi que les agents de sécurité, autrement dit, les flics. Avant de décrire le rôle de chaque un de ces intervenants, je dois préciser que ceci ne constitue en aucun cas une condamnation universelle de tous les membres des professions citées. En effet une grande partie de ces derniers continuent de pratiquer leurs métiers avec fidélité aux principes de l’intégrité professionnelle et ne prennent pas partie dans les fonctions informelles et le comportement corrompu que je décris ci-dessous.

Les Taxis : The Pimping Cabbies

Certains chauffeurs de taxi sont tout simplement devenu les agents de promotion de la prostitution au Maroc. Ils ont une grande valeur aux prostituées vu qu’ils fournissent un grand nombre de services au delà de la simple fonction du transport. La prostituée a bien besoin d’être mobile vu qu’elle exige de se déplacer pour d’abord se préparer (coiffeur, hammam, shopping, etc.) et puis accéder au marché (resto/bars, cabaret, boite de nuit, hôtel, etc.). Elle a aussi besoin d’être conduite chez elle en sécurité a la fin de sa sortie. Son chauffeur de taxi lui fournit ces services de façon quasi-gratuite – pour le taxi ceci est la partie investissement de son affaire. Il se fait son argent quand sa protégée atterrit un client. La, soit le client est motorisé et donc la prostituée doit s’arranger pour payer une taxe (environ 100DHS) au taxi ou bien encore mieux, le taxi fournit le service de transport a la prostituée et a son client en taxant les deux. Cela est presque toujours le cas des touristes qui sont rarement motorisés.

Les chauffeurs de taxi rendent aussi d'autres services valeureux aux prostituées. Ils leurs fournissent des informations et des renseignements assez importants sur la condition du marché – Par exemple des informations concernant les lieux des clients potentiels et de la compétition, des faits divers et des rumeurs, ainsi que le coaching dont la prostituée a besoin pour éviter les décentes ciblées des flics et gagner des faveurs avec les autres intervenants (gérants des bars, managers d’hôtels, etc.). Ils leurs garantissent aussi un certain degrés de protection. Le chauffeur de taxi est devenu indispensable pour la prostituée marocaine et le téléphone portable est le gadget le plus important dans la gestion de cette relation. Une nouvelle fille sur le marche est vite croquée par un chauffeur de taxi qui lui passe sont numéro de téléphone portable, lui promettant ainsi de devenir son personal coach, chauffeur, et bodyguard.

Les Videurs et les Gérants: The Gate-Keepers

Les gardiens des portes du marché sont ceux qui contrôlent et gèrent l’accès aux lieux de divertissement nocturne ou la prostitution est licite et encouragée. Les videurs et les gérants des bars, cafés, cabarets, et boites de nuit gardent le seuil par voie d’un système de rent-seeking qui est digne des pratiques Makhzeniennes gestionnaires de l’économie nationale – c’est ainsi la ou le formel est l’informel se confondent. Ces agents de la prostitution imposent un régime de règles et de taxes aux prostituées. Pour eux le grand intérêt est dans les affaires. Les filles peuvent accéder au marché, consommer a un prix réduit ou même gratuitement dans certains cas tant qu’elles continuent d’entretenir une clientèle consommatrice ; tant qu’elles payent leur taxes ; et tant qu’elle ne causent pas des problèmes a l’établissement (disputes, vol, drogues, etc). Il y a bien une exception a la pratique des discounts surtout quand il s’agit d’un établissement bien fréquenté (e.g., clientèle riche du Golf) ou les filles sont exigées de payer une taxe d’entrée équivalente au prix d’admission (100 – 200 DHS).

Les videurs imposent aussi une taxe d’exit qui varie entre 50 a 100 DHS a celles qui atterrissent un client a l’intérieur de l’établissement concerné. Cette taxe est vite passée au client puisque la fille lui demande de payer cette taxe avant même de quitter l’établissement en question. Si cette taxe n’est pas payée et la fille quitte quand même avec son client, les gate-keepers lui imposeront une punition. Dans un cas pareil ou bien dans le cas d’une dispute/bagarre impliquant les prostituées, les gérants leur imposent des sanctions proportionnelles au délit commit. Cela varie entre un arrêt d’une semaine et une amende équivalente au prix d’une bouteille a un arrêt complet. Donc la prostituée a intérêt de payer et ne pas trop semer l’antipathie si elle veut bien retourner au marché. Il y a certes des petites exceptions a ces règles surtout parmi une proportion limitée de prostituées qui bénéficient d’un statut privilégié chez les patrons des établissements – mais rien ne dure pour toujours et les choses ont tendance a changer assez brusquement dans ce marché.

Les Flics: The Enforcers

Si les gérants et les videurs des lieux de divertissement menace la sanction économique envers les prostituées, les flics de leur coté menace la sanction juridique. Ces derniers (ceux a tendance corruptible) grignotent ce qu’ils peuvent en maintenant la surveillance du périmètre du marché et imposent des taxes de passage aux prostituées et leurs clients. Ils travaillent parfois de façon indépendante et d’autres fois en coordination avec les videurs ou même les prostituées surtout pour extorquer des touristes ou des clients insouciants. Ils roulent, surveillent, et ciblent leurs proies de façon judicieuse. Ils ne sont jamais timide d’user (ou d’abuser) de leur fonction pour recevoir leur partie du cash émanant des transactions faites sur le marché de prostitution.

Les Hôtels – The Accommodators

Les hôtels sont souvent les lieux de consommation de l’acte finale de la prostitution pour les touristes, surtout les touristes occidentaux. C’est aussi le cas pour certains visiteurs des pays riches du Golf. Mais une partie de ces derniers s’arrangent aussi pour louer ou même acheter des appartements dans des villes marocaines comme Casablanca, Agadir, et Marrakech. Certains laissent ces appartements à leurs prostituées préférées pour en prendre soin. Quand ils ne peuvent pas faire le déplacement au Maroc, Ils envoient leurs amis leur permettant sans scrupule l’usage de l’appartement et de la fille. Ceci étant une méthode beaucoup plus efficiente et moins risquée puisque c’est normalement illégale pour les hôtels d’accommoder ce type d’activité.

Le fait que c’est illégal de transactioner dans la prostitution dans les chambres d’hôtels n’en fait pas un acte inédit. En effet, c’est bien courant tant que c’est fait dans la discrétion. La fille et le client se présente à la réception à une heure tardive de la nuit et le dernier passage a l’acte final est négocié. L’agent de réception et l’agent de sécurité s’en mêlent et, après une courte négociation, collectent la taxe de consommation qui peut s’élever à l’équivalent du prix d’une chambre. La chambre n’est vraiment jamais enregistrée au nom de la fille, et donc cette taxe est partagée par les fonctionnaires de l’hôtel qui participent dans ce type d’activité – présents au moment de la transaction ou pas. Une partie de ce revenu peut aussi être partagé avec les flics. Normalement, la prostituée informe le client bien avant cette négociation des détails et de la procédure a suivre.

....A Suivre

22 Comments:

Blogger selma said...

jawad,ton analyse académique du phénomène de la prostitution est très interessante,et puisque tu nous promets une suite,je te suggère de traiter les conséquences de la propagation de ce fléau sur la santé publique,le devoir moral de l'état qui encourage cette situation,de protéger les citoyens contre des maladies comme le sida,la syphilis,et les zoonoses,je te propose aussi de parler des retombées sociales:le problème des mères celibatraires,des enfants abandonnés...
et puis il serait très interessant aussi de parler de la prostitution masculine,et de celle des enfants,qui sont très florissantes à Marrakech par exemple.

November 21, 2005

 
Blogger hujaina said...

salam

the truth is that i couldnt read the whole post. i fear from discovering those ... bad things in the society and just around. i read fully the part concerning the taxis and i can tell u am afraid wallah. i have to use taxis and i dont live in my home city and now i become doubtfull. i never saw a prostitute u know. i try to guess them around in the street i fail. this seems funny yak?

i try to ask male friends they say u better not know they are true coz i prefer to deal well with all poeple equal right??

the most bad thing i learned is that girls/ students at university get relation ships for money they dont know its just the same as prostitution. isnt it? so the girl has what she call a boyfriend who can be a maried man or a divorced and got children, she lives alone he comes to her house, she gets all the money from him but just for her studies food, clothing,.. though her parents send her money she travels by plane never take the train.

if no religion, no education, no social codes can prevent girls from doing this so men should stop asking. and for men to stop asking their wives to be good. and for those still single to marry.

November 21, 2005

 
Anonymous Larbi said...

Salut Jawad
Merci pour cet exposé magistral sur le phénomène de prostitution. C’est complet … on apprend plein de choses. Je me demande comment t’as pu recueillir toutes ces données ?

Très intéressante aussi ta démarche. Car le problème n’est analysé au Maroc que sous un angle de morale. Du coup on passe à côte de plusieurs paramètres.
Ce qui m’inquiètes le plus concernant le phénomène : c’est l’absence de prévention en terme de Maladie sexuellement transmissibles. Nous célébrons dans quelques jours la journée mondiale de la lutte contre le Sida et nous devrons réfléchir sur ce volet très important. On peut comprendre que la société ne tolère pas la prostitution mais le drame serait d’en faire une excuse et se soustraire à notre obligation d’informer et prévenir sur le Sida notamment.


Selma la prostitution masculine existe. Du moment que c’est entre deux adultes consentants (ce qui semble parfois n’est pas le cas) je m’interdits personnellement d’en porter un jugement moral comme pour celle entre hétéros.

November 21, 2005

 
Blogger Jawad said...

Selma: Merci pour ton intervention. Ce sujet est long et compliqué. Il demande plusieurs pages sinon plusieurs rapports pour le résumer. La dimension médicale et les risques pour la santé publique sont assez grave comme tu l'as bien précisé (ainsi que Larbi). J'espère qu'a travers les commentaires et le dialogue que je souhaite engage par ce post, on ira loin dans l'analyse intellectuelle du problème tout en essayant d'écarter les impulses idéologiques. J’ai recueilli des information sur l’aspect médical de médecins marocains qui traitent des prostituées ainsi que les enfants de la rue. Mais vu ton éducation Selma, est ce que tu px traiter l'aspect médical de la prostitution dans ce dialogue. Ca serait mieux venant de toi - un future médecin.

Hujaina: Thanks for coming by. You raise an incredibly important point in your comment. Something I found out during my research and that I was intending to discuss in the second part of my post. That is, the surprising prevalence of prostitution among some students both at the high school level and at the university level (including private institutes of higher learning). This absolutely shocked me when I first found out about it. In fact that is exactly why I said in my post that economics and the level of education alone do not explain the whole picture and any simplistic thinking in that regard is bound to miss some very important facts.

Larbi: Je suis vraiment content que ta réaction ainsi que celle de Selma et Hujaina sont les bonnes parceque vous soulevez tous des points importants concernant les conséquences sociétales du problème – et ceci de façon objective loin de la morale. Pour répondre a ta question, ce post est le résultat de recherches que j'ai fait sur le sujet pendant au moins 3 ans. Je suis entrain de rédiger un rapport en anglais pour une action sociale ciblée. Ce que j’ai appris jusqu’ici c’est que si on se libère de nos préjudices et se mettent a écouter au lieu de faire la morale, on apprends vite qu’on a souvent tort et que c’est probablement pourquoi notre monde souffre de tellement de problèmes.

November 21, 2005

 
Anonymous ninine said...

Heureusement qu'il y a des personnes comme toi capables d'evoquer, analyser et présenter une problématique aussi sensible que celle de la prostitution avec autant d'objectivité.
La prostitution devient un métier, une solution àlaquelle bcp de personnes ont recours, par obligation ou par choix peu importe. comme tu dis, cela tend m^me vers la banalité. On est tous conscient de ce qui se passe, et ce qui se passera par la suite.
les retombées sociales, on en est tous conscient mais chacun de nous à l'indifférents , pourquoi, tout simplement parceque tout le monde ne voit pas la chose sous tous ses angles.Pour la plupart, prostitué(e) signifie systématiquement personne sans morale, indigne de tout respect, qui mérite d'être punie...
Arrêtons de soufrir sans rien dire... mais comment faire...

Prostitués, que ce soit une femme, un homme ou un enfant ont le droit d'être écoutés.

November 22, 2005

 
Blogger Karim said...

Jawad: Ton billet est une tres bonne synthese de la facon dont la prostitution fonctionne au Maroc. J'ai neanmoins quelques petites remarques:

1. Quelle est au juste la problematique que tu veux traiter? La facon tres detachee dont tu as aborde le sujet ne m'a pas donne une idee claire sur ta position personelle vis a vis du phenomene de la prostitution. Or, pour qu'il y ait debat, il faut qu'il y ait une prise de position, une opinion personelle si tu veux, ou au moins des questions, une problematique qui puisse alimenter le debat.

2. Je vais ici te faire une petite remarque que j'avais faite jadis a Larbi :) Quelque part au milieu de ton expose, tu nous dis que:

"[U]ne grande partie de ces derniers continue de pratiquer son métier avec fidélité aux principes de l’intégrité professionnelle et ne prennent pas partie dans les fonctions informelles et le comportement corrompu que je décris ci-dessous." [Emphasis mine]

J'ai lu et relu ton texte, et nulle part tu ne sembles nous expliquer pourquoi et en quoi est-ce que les comportements des chauffeurs de taxi-proxenetes, des videurs de cabaret et des employes d'hotel etait corrompu? Si les dames qui s'adonnent au commerce de la prostitution sont "des citoyennes qui méritent une considération respectueuse ainsi que d’être traitées avec dignité", alors je ne vois vraiment pas pourquoi on pourrait se permettre l'usage d'un adjectif aussi degradant ("corrompu") a l'encontre de simples facilitateurs de ce commerce. Apres tout, comme a dit Larbi, s'il s'agit "d'adultes consentants", nous devrions nous "interdire d'en porter un jugement moral" (cf. l'adjectif "corrompu"). Y a-t-il quelque chose qui m'echappe?

Amicalement,
Karim.

November 22, 2005

 
Blogger Jawad said...

Slt Karim. Tes remarques comme toujours sont bien réfléchis. J’ai commencé a sourire dés que j’ai commencé a lire ton commentaire parce que comme d’habitude ton intelligence éditoriale t’as mené directement a un point sur lequel j’ai passé du temps a m’autocritiquer avant de finalement décider de l’inclure.

Ce qui m’a convaincu finalement d’utiliser le terme 'corrompu' pour qualifier le comportement de certains facilitateurs de la prostitution est mon analyse cartésienne (non pas moraliste) de leurs activités. Sur ce, je référencie surtout les transactions effectuées par certains membres de la police et certains fonctionnaires d'hôtels et des lieux de divertissement qui abusent de leurs positions dans le secteur formel de l'économie pour des gains perso. Les flics par exemple qui ramassent des taxes pour faciliter la prostitution sont engagés dans un comportement corrompu similaire aux flics qui t'arrêtent pour excès de vitesse et sollicitent un pot de vin. Ditto pour certains fonctionnaires d'hôtels et des lieux de divertissement qui profitent de leurs positions et de leurs emplois légitimes pour s'enrichir personnellement derrière le dos des propriétaires et des actionnaires de leurs établissements - mettant ces derniers devant un risque juridique substantiel. Ceci a mon avis correspond aussi a la définition universelle de la corruption parce que ces fonctionnaires manquent a leurs responsabilités professionnelles leur étant confiées par voie d’un contrat de travail et usent de leurs position pour s’engager dans des activités informelles dans le but d’acquérir des gains perso. Légalement parlant (bien sur que juste leur participation ds le commerce de la prostitution tout seul est illégal vu les lois en vigueur actuellement – mais ça a part), ceci constitue pour moi une forme de corruption et surtout une atteinte a la légalité de leurs fonctions légitimes. Les taxis, surtout ceux qui opèrent leur propres véhicules sont un cas particulier a débattre je crois. Je n’ai pas cibler les prostituées avec le terme « corruption », parce que contrairement aux autres leurs seules fonction, leur seule profession pour la grande majorité (il y a encore des petites exceptions ici aussi) sont de se prostituer.

Pour dériver un peu de la règle que je me suis imposé pour la rédaction de ce post – dont tu en tiens la responsabilite - je rigole :) - je peux te dire que j’ai beaucoup de sympathie pour ces filles. J’ai passe bcp de temps pendant mes recherches à les écouter et j’ai bcp appris d’elles – plus peut etre que j’ai appris au cours des deux Masters que je détiens. Elles étaient toutes ravi de me parler parce qu’elle voyaient rare qu’un de leur compatriotes les engagent a part egale non pas pour les juger mais pour les écouter - Ninine a parle de l'importance de ce point dans son commentaire. Dans le monde de la prostitution, il y a les abuse(e)s, les exploite(e)s, les naif(ve)s, et les volontaires (décidés, résolus, et fiers) – Hujaina et Foulla ont aussi relevé la catégorie « étudiante » que je crois est a ne pas ignorer ds nos discussions. La problématique a mon avis se pose dans l’abus, l’exploitation, et le trafic humain (e.g., l’export de marocaines vers l’étranger inclus la Syrie et Israël – on en discuteras plus tard), ainsi que dans les risques à la santé et la sécurité publique. La prostitution existe même dans les sociétés les plus rudement conservatrices (Arabie Saoudite et l’Iran sont que quelques exemples). Donc, je ne crois pas qu’une attitude cavalière – soi-disant moraliste - en vers la prostitution va résoudre quoi que ce soit et l’histoire de l’humanité en est témoin.

Concernant ta première question, je veux d'abords informer sur la façon dont la prostitution fonctionne au Maroc - puis essayer de zoomer sur des points particuliers a traiter dans le débat (Selma et Larbi ont déjà évoqué un qui est très important – celui de la santé publique et les maladies sexuellement transmissibles). Je crois que cette première étape est très importante pour informer le débat plus tard et ce donner une direction et une perspective (c'est pour ça que j'ai conclu ce post avec '...a suivre').

November 23, 2005

 
Anonymous Larbi said...

NB: commentaire rédigé avant celui de Jawad :)

Karim,

Nous souffrons au Maroc du manque d’études sociologiques sérieuses alors que la société est constamment en mutation alors que les sciences humaines sont indispensables pour accompagner, expliquer ces mutations.
Je crois qu’on a de bon sociologues au pays . Mais le problème c’est qu’ils partent souvent d’un préjugement (souvent moral) et essayent de le valider via leurs études et non l’inverse.
C’est un contre sens et c’est ce qui explique notre retard dans le domaine. La force de l’étude que vient de nous représenter Jawad c’est justement ça : la séparation entre ce qui est pure morale et ce qui est scientifique.
Maintenant il me faut répondre à ta remarque. Qualifier les facilitateurs de la prostitution de corrompus n’est il pas un jugement moral ?
Je crois que non !
D’une part il s’agit bien d’un acte de corruption parce que ces gens profitent de l’activité de ces dames (pas toujours choisie) pour faire de l’argent facile.
D’autres part, n’ayons pas peur des mots, ils sont des proxénètes. Si une femme est libre, à mon sens, de faire ce qu’elle veut de son corps, d’autres personnes n’ont pas à en profiter pour se faire de l’argent. Aussi bien qu’un passeur n’a pas à profiter de la volonté des pauvres jeunes du Maroc et de l’Afrique d’aller en europe pour en faire un commerce.

November 24, 2005

 
Blogger Karim said...

Jawad: Merci pour ta reponse. En fait, quand j'ai pose la question sur l'utilisation du terme "corrompu", je n'ai pas mentionne les flics, mais seulement les chauffeurs de taxi, les videurs et les employes d'hotel. Concernant ces derniers, je ne suis pas sur que ta reponse est satisfaisante, car tout simplement ces employes d'hotel dont tu parles font ce qu'il font au vu et su de tout le monde, y compris des proprietaires et actionnaires eux-memes. En effet, il n'y a pas de grand hotel touristique ou j'ai personnellement mis les pieds au Maroc ou il n'y avait pas nombre de filles "de service" qui etaient la pour rendre service aux locataires en cas de besoin. En fait, je ne serais pas etonne du tout si ces filles etaient "embauchees" par les proprietaires eux-memes afin d'attirer plus de clientele. Bien sur, dans les grands etablissements, la corruption doit se faire a une plus grande echelle: des pots de vins consequents doivent etre verses a des gens bien places, il ne s'agit plus de petits larcins entre employes d'hotel et inspecteurs de police. Pour revenir aux chauffeurs de taxi et autres facilitateurs du commerce de la prostitution, le fait est qu'ils prennent des risques en enfreignant la loi, et doivent payer des pots de vin aux agents de l'autorite, et c'est un peu normal qu'ils demandent a etre compenses pour cela (c'est un peu comme les contrebandiers au temps de la prohibition en amerique, qui prenaient des risques en enfreignaient la loi et qui vendaient l'alcool un peu plus cher pour recuperer leurs frais).

"j’ai bcp appris d’elles – plus peut etre que j’ai appris au cours des deux Masters que je détiens."

Now, that's one great compliment to all the hard work of your grad school professors! (Je plaisante ;)

"La prostitution existe même dans les sociétés les plus rudement conservatrices (Arabie Saoudite et l’Iran sont que quelques exemples)." [Tu aurais meme pu rajouter les Talibans ;)]

La, tu es entrain de me chatouiller un peu :) Qu'est-ce que cela prouve? Que le monde n'est pas parfait, rien de plus, et que rien ne peut etre reussi a 100%. Toute autre assertion demanderait une comparaison quantitative du phenomene dans les societes conservatrices avec les societes moins conservatrices. En l'absence de telles donnees, je ne pense pas que l'on soit en mesure de dire qu'une
"attitude moraliste ne va pas resoudre quoi que ce soit" comme tu le fais. Sorry bro, but I don't buy your argument here :)

Ceci dit, j'attendrai patiemment que tu definisse les problematiques que tu veux discuter pour exprimer mon point de vue de facon plus detaillee si tu le permets :)

Mon cher Larbi:

"Mais le problème c’est qu’ils partent souvent d’un préjugement (souvent moral) et essayent de le valider via leurs études et non l’inverse."

Tu as des exemples en tete? Je suis tres curieux de savoir a quels sociologues tu fais allusion.

"Si une femme est libre, à mon sens, de faire ce qu’elle veut de son corps, d’autres personnes n’ont pas à en profiter pour se faire de l’argent."

Ton assertion ci-dessus se compose de deux parties. D'abord il y a la condition:

"Si une femme est libre, ..."

et ensuite, il y a la consequence:

"d'autres personnes n'ont pas a en profiter..."

Il y a deux remarques que je voudrais faire ici. La premiere est que je ne vois pas pourquoi tu as besoin de la condition "si une femme est libre...". Et si cette condition n'etait pas realisee, est-ce que ce serait acceptable alors que d'autres cherchent a en profiter? A mon avis, l'exploitation n'a pas lieu d'etre, independemment de ce que la femme a le droit de faire ou pas faire avec son corps, et donc pour moi ta condition "si la femme..." est totalement superflue.

Dans le meme ordre d'idees, la deuxieme remarque que je voudrais faire est que ta condition "si la femme est libre..." est non seulement superflue, elle est meme deplacee. Comme tu dois certainement le savoir, le fait est que, dans notre societe, la femme n'est pas libre de faire ce qu'elle veut de son corps (d'ailleurs, je me demande pourquoi elle le serait?) Je voudrais en fait saisir cette occasion pour te preciser (au cas ou ca t'aurait echappe) que ton assertion ci-dessus est une assertion ideologique. Cela s'appelle l'ideologie liberale. Or, il se trouve que les marocains (y compris moi-meme), jusqu'a preuve du contraire, appartiennent majoritairement a une autre ecole ideologique, nettement plus conservatrice, qui n'est pas du tout d'accord avec le point de vue liberal que tu sembles adopter. Par respect pour Jawad et pour la direction qu'il veut donner a ce debat, je pense que nous devrions nous abstenir de vehiculer des positions ideologiques sur ce podium (sinon on va rentrer dans un debat ideologique assez complexe - pas du tout ce que Jawad a l'intention de faire). Bien sur, je serais ravi de debattre avec toi d'ideologies conservatrice et liberale ailleurs. Il suffira de me faire signe quand tu es pret.

November 25, 2005

 
Blogger Jawad said...

Karim: On est au moins d'accord sur ce qui est des flics. Je crois que tu reconnais que leurs rôles dans le monde de la prostitution (ceux qui y participent de la façon que j'ai décrit) s'engagent dans la corruption. Concernant les fonctionnaires d'hôtel, tu ne peux pas me dire que les actionnaires des chaînes Accor, FRAM ou Hilton par exemple sont conscient des activités des fonctionnaires locaux - Que ces derniers mettent l'investissement de leurs proprios devant un risque judiciaire et financier assez substantiel. Tu te rappelles bien des scandales Enron et MCI Worldcom aux US - ou les execs de la compagnie ont adopte des pratiques financières irréguliers derrière le dos des actionnaires - même s’ils réclament l'avoir fait pour bénéficier ces derniers. Je crois que dans le monde des affaires ainsi qu'au sein du Congres tous ont qualifie sans scrupule ce qui s’est passe de corruption appelant pour des reformes de la corporate governance et pour des poursuites judiciaires a l’encontre des chefs d’entreprise. Presque la même chose s’applique ici, les directeurs d'hôtel ainsi que leurs fonctionnaires s'enrichissant personnellement par le biais de la prostitution - même si finalement ils/elles réclament ainsi augmenter le volume du business pour les proprios. Ce qui est indéniable c’est qu’il/elles mettent l'investissement des actionnaires devant un risque que ces derniers n’ont pas accepté de prendre. Si jamais un scandale - que les autorités ne peuvent pas déguiser - s'éclate comme a été le cas dernièrement dans un hôtel a Agadir - l'établissement peut totalement s'écrouler. Je suis désole mon cher Karim mais peut être que ta définition de la corruption se limite a l'usage d’une position publique pour gains personnels - mais la mienne s'étend au privé aussi et je considère que les execs de Enron sont corrompu de la même façon que je considère corrompu le directeur d'hôtel ou l'agent de réception qui profite de la prostitution pour les raisons que j’ai étalé ci-dessus. – We should at least be theoritically consistent in that regard.

Tu as raison, mes profs de grad school seraient très déçu et ils auront raison de l’être :) Ce que je voulais dire c’est que la théorie de la reforme et du développement socioéconomique nous donne des outils assez utiles pour traiter un nombre de problèmes sociétales. Mais que c’est finalement le monde fonctionnel ou les problèmes résident qui nous fait apprécier le cote humain de ces derniers.

November 26, 2005

 
Blogger Karim said...

Jawad: Merci bcp pour tes explications patientes et tres pedagogiques. Quand j'ai insiste sur la question des employes d'hotel dans mon dernier commentaire, je voulais en fait tester un peu les limites de mon propre raisonnement. Je pense qu'en fin de compte tu as raison, il s'agit bel et bien de corruption dans ce cas aussi.

"c’est finalement le monde fonctionnel ou les problèmes résident qui nous fait apprécier le cote humain de ces derniers."

Je prefere mieux cette formulation :)

Thanks!

November 27, 2005

 
Anonymous Hasna said...

Fréro, j’ai trouvé ton article très intéressant, je suis étonnée du degré de détail apporté dans ton analyse, ça m’a élucidée sur certaines pratiques que j’ignoraient complètement jusque là, moi qui vie au Maroc. Le sujet étant tabou ici, la presse n’en parle jamais ouvertement (comme tu viens de le faire).
Je tiens cependant à soulever certains points qui me semblent également importants à traiter dans le cadre de cette analyse.
Il est certes vrai que la grande majorité des prostitués soient contraintes de "se vendre" par nécessité au début, il n’en ai pas moins que certaines, voir la plupart, au bout de quelques années dans le domaine, arrivent à améliorer fortement leur condition de vie. Ceci ne les empêche cependant pas de changer de vie (vraiment rares sont celles qui le font) ! Là on est dans la prostitution en tant que profession choisie et même appréciée (argent facile), la cause initiale, à savoir la nécessité ou la pauvreté, n’étant plus valable (cette cause reste néanmoins toujours évoquée pour justifier leur mode de vie).
Pour moi, celles que je viens de décrire ne sont plus victimes mais tout le contraire, puisqu’elles continuent à mettre en danger la santé publique ainsi que l’équilibre social en étant conscientes des risques qu’elles font prendre aux autres. Je parle là des risques liés à la santé (maladies sexuellement transmissibles, en augmentation continue au Maroc), et des risques sociaux (enfants abandonnés) et nous savons très bien ce qui arrive dans ce dernier cas (la rue se charge de ces enfants) puisque le Maroc ne disposons pas encore, d’institutions ou de centres d’accueils, en nombre suffisants, permettant de prendre soin de ces enfants et de leur éducation.
Un autre point que je voudrais traiter et qui a déjà été soulevé par selma, c’est la prostitution des garçons au Maroc, marché en pleine croissance et qui m’inquiète fortement, puisque les garçons en question sont pour la plupart des adolescents. Je parle là des garçons hétérosexuels qui, attirés par l’argent facile que leur procure ce marché à travers le tourisme, se lancent dans la prostitution. Là encore les dégâts sont de taille (MST, interruption des études, …et certainement d’autres choses qui m’échappent)
Quant aux différents intermédiaires soulevés dans ton article (en dehors des proxénètes qui exercent un vrai pourvoir sur les prostitués, je ne sais pas d’ailleurs s’il y en a beaucoup au Maroc), je les considère comme des éléments facilitateurs et non moteurs, puisque leurs pratiques ne font que découler du phénomène de prostitution lui-même.

November 30, 2005

 
Anonymous Larbi said...

Karim,
« Si une femme est libre, à mon sens, de faire ce qu’elle veut de son corps,.. »
J’ai bien pris la précaution d’ajouter : A MON SENS.

Je suis désolé karim mais je ne véhicule aucune idéologie. Ni ici ni ailleurs.
Ton «jugement de valeur » m’attriste Karim. Et je m’arrête là.
:(
:-(

November 30, 2005

 
Blogger Jawad said...

Merci tite soeur. Tu évoques une donnée qui est absolument importante à comprendre pour ceux qui veulent s'engager dans des actions sociales traitant la réhabilitation et la réinsertion des prostituées. Il faut etre conscient des obstacles sociétales auxquels font face les filles une fois engagées dans la prostitution. C'est comme un Quick Sand. Même si elle veulent en sortir, elles ne pevent pas parce que la société les a déjà condamné a perpétuité. Donc, oui le motif économique que tu as évoqué devient très attractif et agit comme un élément important dans le maintien da la fille ds le monde de la prostitution - mais derrière tout ça les filles savent aussi qu'elles sont condamnées - que n'importe ce qu'elles font, elle seront tjrs vu comme des prostituées – sans mentionner le fait que la plupart n’ont aucun autre acqui professionnel (ou education formelle) pour les aider a faire la transition. Et donc le motif économique gagne a main levée. C’est ça qui rend le succès d'une quelconque action sociale dans ce domaine difficile a atteindre. J’ai visité un centre d’accueil de jeunes filles a Agadir et je px clairement voir que le challenge est énorme et le suivi est grossement insuffisant - il ne suffit pas de loger ou nourrir quelques filles et croire qu’on les as débarrassé de la prostitution. C’est naif et très mal-informé de croire ça. Il faut une stratégie compréhensive qui traite d’abord le médical et le psy des choses, puis des programmes de formation et de sensibilisation, et encore des vrais programmes de réinsertion et de suivi. C’est long et c’est compliqué – et c’est pour ça que les gens ne s’y engagent pas parce que les gouvernements et plusieurs membres de la société civile preferent loger leur crédibilité la ou il peuvent avoir des résultats rapides pour ainsi se faire de la pub au lieu de résoudre des problèmes a long terme. On a aussi besoin d’un changement d’engrenage dans la conscience collective de la nation pour traiter des problèmes pareils avec un peu plus d’envergure intellectuelle qu’avec des arrières pensées traditionnelles.

Alors, so far, comme on dit ici, on a identifies les problèmes suivants lie a la prostitution:

*Le manque de débat ouvert et objectif sur le sujet au sein de la société

*Les dangers à la santé publique et les maladies sexuellement transmissibles

*La prostitution masculine des « enfants de la rue »

*L’abus et l’exploitation des enfants (voir aussi le problème des petites bonnes)

*L’exportation des jeunes filles marocaines sous guise de contrat de travail ligitimes

*La corruption et la criminalité émanant de la structure de support

*La prostitution dans les établissements scolaires (secondaires et universitaire, publique et prive)

*Les obstacles culturels et économiques a la réhabilitation et réinsertion

Parlons en.

November 30, 2005

 
Blogger Karim said...

Larbi:

Je viens d'ecrire une petite reponse a ton dernier commentaire sur mon blog. Je pense qu'il serait mieux de continuer cette discussion un peu personnelle ailleurs.

November 30, 2005

 
Blogger Jawad said...

Tite soeur, j'ai oublié de mentionner qq chose dans ma réponse précédente concernant ta remarque que la rémunération acquise par les prostituées est de "l'argent facile". Je suis bien conscient que cela est bien une idée prévalente chez le publique, mais je tiens qd même à dire que les prostituées ne voient pas du tout la chose de cette façon. C'est plutôt clair que le prix que ces filles payent au niveau social, familial, et sécuritaire, ainsi qu'au niveau de leur santé a la fois physique et mentale est exorbitant. La plupart de ces filles ont des problèmes psychologiques à ne pas envier. Elles développent presque toutes des addictions qu'elles ne peuvent pas soutenir (alcool, drogues, tabac, etc). Elles sont contraintes de faire des choses qu'elles ne veulent pas faire même qd elles sont indépendamment décidées de se prostituer. Sans mentionner le harcèlement auquel plusieurs d’entre elles font sujet et les atteintes a leur sécurité personnelle non seulement par des clients mais aussi par les membres de la structure de support. Donc, vu ces facteurs la, je crois qu'une analyse rapide coût/bénéfice démontre que l'argent qu'elles gagnent n'est pas aussi facile que ça. Je comptes traiter la hiérarchie de la prostitution ainsi que le coté financier - genre Income Statment de la prostituée dans un prochain post. Cela pourrait éclaircir un peu plus mes remarques.

December 01, 2005

 
Anonymous Sheimma said...

Salam je suis une marocaine qui vit en France et qui se rend au MAROC, la terre d'origine de mes parents et la mienne tout les ans. Seulement cet été à été pour moi et ma soeur remarquable et surprenant. J'habite à Agadir au MAROC et la majorité des filles et des femmes se donnent à la prostitution. Pas parcequ'elles le souhaitent mais car c'est leur dernier recours pour survivre. Beaucoup de mes voisines m'ont emmené avec elles en plein "marché de la prostitution" je me sentais une d'elle. Les gens nous regardaient étrangement comme si nous détournons les régles du pays. Mais les personnes qui avaient le devoir d'inspecter et de vérifier si les régles étaient respectées, étaient eux mêmes des violeurs de la loi. Pour jouer leur vrai rôle de POLICIER ils faisaient quelques descentes dans des hotels ou des rafles. Mais les filles et les clients qui étaient raflées été très vite relachées. Aprés une forte amende payées par les clients. Il y'a des clients qui refusent de payer l'amende pour la prostituée alors elle restait en prison jusqu'à ce qu'elle paye. Dans les boites de nuit ou les cabarets c'était affreux, des saoudiens plein d'argent faisait ce qu'ils voulaient des marocaines, elles dansaient et buvaient de l'alcool pour eux. Dans les couloirs de ces endroits certaines se faisaient frappées par les videurs ou par les hommes qui les poussaient à trouver un client. Dans les toilettes pour filles, elles pleuraient, riaient, s'échangaient les numùéros des clients. D'autres avaient le visage plein de sang ou des "bleu" sur leur oeil. Tout cela pour 1000dhs la nuit avec un saoudien et 500 dhs la nuit avec un européen. Et bien sure si elles résussissaient à obtenir un client avec lequel elles resteraient tout son séjour au Maroc elles obtenaient beaucoup d'argent. Enfin cette bourse obtenu, les prostituées la redistribue aux videurs, aux chauffeurs de taxi, aux salons d'ésthétique et de coiffure, aux épiceries où les crédits les attendent et pour la plupart aux parents...Les prostituées sont des personnes nocturnes, on les voit rarement le jour mais je pourrai reconnaitre une prostituée marocaine parmi tant d'autres car elles dévorent l'argent aussi vite qu'elles obtiennent, elles en n'ont jamais assez.................

January 02, 2006

 
Blogger Jawad said...

Sheimma: D'abords Bienvenue et bonne annee.

Je te remercie énormément pour ton commentaire parce que j'ai observé moi même la plupart de ce que tu as décris. C'est une vie misérable et les gens ne comprennent pas la cruauté de ce monde - les sévices psychologiques et physiques que la plupart de ces filles subissent. Comme t'as dis, pour la plupart, elles dépensent bcp plus qu'elles gagnent non seulement financièrement mais aussi mentalement et physiquement.

J'espère que tu vas revenir et partager un peu plus tes observations et tes conversations pour bien illustrer cette problématique à laquelle on fait face. Comme j'ai dis avant, la première étape est d'en parler de façon honnête et objective, loin de la moralité et des échéances culturelles. Il nous faut comprendre la totalité du problème pour pouvoir déposer des solutions réalisables. T’as bien raison, certains qui font la morale a la prostituée font preuve d’une hypocrisie profane puisque ce qu’ils/elles font eux même est bien loin de leur discours sur la moralité.

January 03, 2006

 
Anonymous 2pacs said...

Salam aleykoum, désolé pour ce copié/collé ci-après.

http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_615/html_615/jeunesse.html

Enquête

« J’ai commencé à l’âge de 14 ans. Je ne peux plus faire marche arrière. Je suis habitué à un niveau de vie dépensier. Je me fais 500 dirhams par soirée. En travaillant honnêtement, jamais je ne pourrai toucher autant. J’ai abandonné l’école parce que j’ai redoublé ma quatrième année secondaire. Je garde l’espoir de partir un jour à l’étranger. Paul m’a promis qu’il fera tout son possible pour m’aider quand j’atteindrai ma majorité », conclut le jeune prostitué.
L'histoire de Karim est celle de millions d'enfants aujourd'hui dans le monde. Ils font partie du cortège des enfants de la rue, qui se comptent par milliers dans chacune des grandes métropoles de tous les continents, là où la misère, l'exode rural, l'abandon, la violence au sein des familles les a poussés dans la rue pour survivre. Souvent culpabilisés et angoissés par le dénuement de leur famille, d'enfants travailleurs ils se transforment aisément en enfants prostitués.
C'est en Asie, ainsi qu'en Amérique centrale et en Amérique du Sud, que le nombre des enfants prostitués est le plus élevé. Il y aurait aussi une augmentation de la prostitution d'enfants en Afrique, en Amérique du Nord et en Europe. Mais le problème existe partout, il touche tous les pays. Au Maroc, il n’existe pas de chiffres exacts, mais ils sont estimés à plusieurs centaines. Même si la prostitution des enfants reste un grand tabou.

Scolarité

Une étude menée par l’Unicef, l’Association marocaine pour le Développement communautaire et le secrétariat d’État chargé de la Famille, de la Solidarité, de l’Action sociale a brisé timidement le silence. Les résultats de cette enquête réalisée à Marrakech durant la période janvier-juin 2003 sur un échantillon de 100 enfants âgés de moins de 18 ans et victimes d’exploitation sexuelle ont été des plus significatifs quant aux causes de ce phénomène de plus en plus flagrant.
61% des mineurs prostitués interviewés ont un âge qui varie entre 16 et 18 ans, 32% entre 14 et 15 ans et 7% entre 10 et 13 ans.
75 % des enquêtés âgés de 14 à 15 ans ont commencé la prostitution à un âge inférieur à 13 ans et 80% des mineurs âgés de 16 à 18 ans avouent avoir commencé à un âge inférieur à 15 ans.
Les 100 interrogés, à l’exception de trois cas, sont en rupture de scolarité. Le niveau d’instruction semble influencer d’une manière considérable ce phénomène. En effet, l’étude fait apparaître clairement qu’environ 16% des mineurs prostitués n’ont jamais fréquenté l’école, 45% ont un niveau primaire, 31% un niveau collégial et seulement 7% un niveau secondaire ou universitaire.
La scolarité semble être un facteur déterminant de la prostitution, plus particulièrement chez les garçons, ainsi que le milieu d’origine. Le milieu urbain est favorable à la prolifération de l’exploitation sexuelle masculine, étant donné que 80% de garçons en sont issus, contre 42% des filles. Contrairement aux filles, 58% sont originaires du monde rural ou d’autres provinces limitrophes de Marrakech.
Le lieu de résidence, pour la plupart, se trouve dans le cadre du foyer familial et se situe dans les quartiers périphériques de Marrakech, tels Sidi Youssef Ben Ali, Lamhamid.
La maltraitance est une autre cause de la prostitution dans la mesure où 61% des mineurs sont victimes de mauvais traitement : 68% des garçons, contre 56% pour les filles.
Chez les garçons, environ 65% des interrogés affirment que leurs parents vivent ensemble. Par contre, chez les jeunes filles prostituées, la famille où il y a un seul parent constitue un facteur de prostitution.
La plupart des interviewés appartiennent à une famille qui se compose de 3 à 7 mineurs et, que pour une bonne part, cette fratrie travaille.
Les jeunes prostitués enquêtés ont été répartis en trois classes, aisée, moyenne et pauvre. 2% sont issus d’une classe aisée et sont tous des garçons. 36% sont issus d’une classe moyenne (61% garçons et 39 % filles). Et 62% sont issus d’une classe très pauvre (61% garçons et 39% filles).

Prédisposition

En outre, il existe une relation relative entre le degré de pauvreté et l’exploitation sexuelle infantile. L’origine de la prostitution est dominée par l’influence des pairs qui orientent les jeunes vers ce fléau. Selon les résultats de l’étude, 38% des jeunes enquêtés (40% pour les garçons et 34 % pour les filles) ont été orientés vers cette voie par un pair ou par un réseau. 31% soutiennent qu’ils se sont adonné personnellement à la prostitution pour satisfaire leurs besoins pécuniaires (31% pour les garçons et 32 % pour les filles), 13% déclarent que l’origine de leur comportement est consécutive à un viol par l’entourage.
Les jeunes filles semblent être plus assujetties au viol par l’entourage, avec 24%, contre 7% pour les garçons.
La nature de la prostitution est dans 71% des cas exclusivement touristique et dans 17% exclusivement nationale.
Le nombre d’actes sexuels par semaine varie entre cinq et dix dans 47% des cas, et supérieur à dix dans 53% cas. Il a été noté une forte corrélation entre le nombre d’actes par semaine, d’une part, l’âge et le niveau d’étude, d’autre part. Le nombre d’actes semble être plus important chez le sexe féminin. Le taux de rémunération est très lié à l’âge, mais non au niveau d’instruction. Cette rémunération peut être de moins de 50 dirhams pour 14% des jeunes, entre 51 et 100 Dh pour 25%, entre 100 et 200 Dh pour 43%, entre 200 et 300 dirhams pour 11% et plus de 300 dirhams pour seulement 7%.
La détermination des prix est faite par le client dans 55% des cas et par le prostitué dans 45%. Le sexe féminin semble plus déterminé à fixer les prix que le sexe masculin.
Par rapport aux connaissances et attitudes en matière d’infections sexuellement transmissibles (IST) et SIDA, 71% des prostitués connaissent les risques liés à leurs pratiques sexuelles. Le niveau des connaissances en matière d’IST-sida semble plus élevé chez les filles (84%) que chez les garçons (63 %). Cependant, seuls 27% exigent des préservatifs du client, 23% se protègent parfois avec prédisposition à abandonner le préservatif si le client l’exige, 50% n’ont jamais utilisé de préservatifs. Les filles (47%) semblent se protéger plus que les garçons (15%).
Karim et les autres enfants prostitués évoluent dans l’indifférence totale. Ils sont victimes d’une société hypocrite où le mot d’ordre est le silence. On ne peut plus continuer à tolérer l’intolérable. Il faut que ça cesse. L’exploitation sexuelle demeure l’une des flagrantes violations des droits de l’enfant, portant atteinte à son intégrité physique, à ses facultés mentales et à sa dignité et son innocence.

January 14, 2006

 
Blogger Jawad said...

2pacs: Je te remercie infiniment pour l'article. Je trouve les stats de l'étude citée très intéressants. Je voudrais bien lire le rapport pour mieux interpréter ses résultats. J'ai fais des recherches sur internet mais j'ai pas pu trouver le rapport - est ce que tu saurais ou le trouver?

January 16, 2006

 
Anonymous Anonymous said...

Je ne comprend pas votre position. Je suis marocain et je dis vive la prostitution et le sexe.Non ce qui est intolerable c'est que par exemple certaines lois doivent etre changer un marocain n'a pas le droit de boire de l'alcool ou d'avoir des relations sexeulles hors mariages et bien ou est la liberte ici. C'est loi sont intolerables et comment peut on interdrire le sexe si les deux amants sont majeurs et consentant. Y'a un vrai probleme ici.Moi je dis encore vive la prostitution et c'est pas demain que j'arreterais de freqeunter les prostituees. Vous me direz le sida je repondrais y'a le preservatif. Vous me direz la religion je vous dirais dieu nous acreer libre et n'oblige personne a suivre la religion ok.D'ailleurs la loi et l'islam doivent etre differencier.
Encore un grand bravo a toutes les prostitues et surtout continuer dans cette voix pour libere le maroc sexuellment.

June 07, 2008

 
Anonymous viagra without prescription said...

On parle toujours comme s'il connaissait tous les travailleurs de rue sont incapables de voir au-delà de ce qu'ils ont comme un stigmate.

July 02, 2010

 

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